Le cri d'un chien dans un jardin lointain ne dérange pas la pie sur le toit elle me regarde insiste en balançant la tête ou peut-être est-ce son bec qui me trouble J'ai la sensation qu'une nouvelle de Mariana Enriquez se fraie un passage jusqu'à mon esprit un revenant sous les plumes noires ou peut-être est-ce cet accident hier qui me trouble Quelques pensées hirsutes mal peignées pour cacher la tristesse d'un paysage pas plus triste qu'un autre embroussaillement passager pour une passagère ibérique
à J. J'aime bien les mots un peu absurdes les faux amis ou inventés ceux aux sonorités étranges dont on ne sait s'il sont complets ou s'il leur manque quelques syllabes j'ai toujours aimé en inventer et parfois je ne sais plus si Robert ou Littré leur font place j'ai gardé mon côté enfantin qui ne trouve pas à redire à parler aux murs et aux choses inventer n'est pas fabuler inventer ne s'adresse qu'à soi
J'ai toujours aimé regarder les paysages défiler par la fenêtre trouble d'un train imaginer les vies qui les peuplent le labeur des champs immenses les animaux aux aguets les âmes petites j'aime m'y perdre jusqu'à ce que naisse la douce nostalgie du retour le long de la ligne de fuite des rails et que des reflets hors tain du verre surgisse soudain le fruit défendu des nuits de pleines lunes
Le lit ne s'ouvre jamais en entier il faut une place au mort et une place au vivant mais où est le mort et qui est le vivant dans cette nuit chaque ombre se confond avec son bruit chaque bruit s'ouvre et se referme sur lui-même Le matin tout est en place rien n'a bougé le lit ne garde aucune trace ni du sommeil du vivant ni des insomnies du mort aucun rêve n'a imprimé le tissu des songes il peut se refermer et attendre lisse et froid la prochaine amnésie
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