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vingt-trois et toi

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Suspendus aux branches une éternité et l'image de ton visage  qui tremble il reste peu de mots pour me parler de toi l'hiver m'aide à les écrire mon regard caresse cet amour figé  là où même la plus petite des feuilles n'oublie pas  

un profond silence

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Un jour j'ai dit Je ne t'écrirai plus  inutile de ranimer l'ombre quand le ventre s'est tu les doigts ont perdu la mémoire des mots les lèvres n'ont plus goût à l'éternité  je nous ai offert la paix d'un profond silence

un si grand vent

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J'ai pris les clefs je t'ai ouvert la porte clefs rangées à jamais dans ta tête  un jour la porte  se referma sur nous plus de clefs plus rien de toi que du vent et cette histoire sans fin ni retour  

ces éclats de soleil déchirants

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je d'ombre je devine en moi ton image je réfugiée dans les pointillés de toi. peut-être ce qui nous tenait ensemble l'ombre d'un instant  je et toi  la lumière décide  il suffit d'un nuage d'une ombre au bord des paupières qui est le survivant jusqu'à ce que tout s'éteigne définitivement  

ondes courtes

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toujours ces mots indigents parcelles insécables  de soi incapables à relever le défi de la chair à vif l'onde est si courte qui ne garde que le reflet qu'une fraction du soir si le monde commence  dans l'infime espace d'un clignement si chacune des variations de sa beauté est vertige de la réalité l'onde me suffira  peut-être à croire que je peux te garder un instant  dans le creux de ma main je ne t'écris plus je te pense parfois  

dans la robe froissée le coeur bat encore

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dans la robe froissée le coeur bat encore combien de temps dépouiller la peau n'est pas toujours muer hors le temps accroche ici et là des humeurs ou des troubles de temps en temps dans la robe lissée le coeur en fait autant pas pour longtemps

sous la pierre

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  Dans ce mois où  les fleurs se noient en lenteur des jours je ressoude le coeur sous la pierre tombale Un chant lent et simple soulève la morsure  lave les yeux cela pourrait heurter ça ne fait que glisser cela pourrait s'évaporer j'y retranche la peine froide

l'inutile de la courbe

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Que tes pas reviennent sur le même chemin et soudain forêt anonyme tu ne reconnais plus rien Peu à peu sorti du cadre le regard s'éloigne de l'espace déserte la courbe finit par la perdre du vue Là-haut le frôlement des pins sur le ciel précipite la certitude qu'encore tu visites ces heures en pèlerin des sanglots dissous Toutes ces années de mots muets  ne s'adressent qu'à l'inutile de la courbe en quête d'une touffe de jaune impossible à nommer    

sans attendre juillet

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  L'été approche à pas de chaleur les tiens ont depuis longtemps glissé le clef sous le porte un jour de juillet je ne la ferme plus L'été revient ainsi va l'année je ne compte plus les jours de juillet et laisse filer la maille perdue du doux bas rugueux de nos amours Le fer blanc du soleil a dissous les images fondu l'ombre la langue et mes rêves  à la question sans réponse il reste muet juillet m'a abandonnée   quelque part d'où je ne reviens pas

agrippée au ciel

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 Cherchée au ciel l'autre voix écho fatigué du chant naïf ne saura consoler ce qu'ici s'est défait Cherché au ciel le visage tourmenté oiseau discret du tendre secret ne pourra raconter ce qu'ici s'est joué d'autres voix appellent d'autres visages se dessinent remplissent le ciel d'oiseaux sans remord sans frayeur un cri jamais épuisé

filigrane

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Ce qui se tient entre les ramures  ce bruissement dans les cimes chant d'oiseau dont je ne connais ni l'espèce ni l'origine n'est pas bavardage du vent  ou borborygmes de la cité proche ce qui remue chaque veine interne n'est que l'exsudat douceâtre  d'images anciennes à faire ployer l'arbre le plus résistant   

23 décembre

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 Le soir accoste lentement si peu retient le souffle le bruit d'un pas une silhouette furtive si peu cajole la mémoire  demain il n'y paraîtra plus...

soleil de décembre

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 C'est dans la nostalgie que le soir habite décembre une lente descente des rayons vers l'ultime avant l'obscur tu as habité décembre en douleur et en joie tu as caressé sa lumière avant de la foudroyer assise sur le sable je regarde ton reflet disparaître je suis le grain et eau je suis l'horizon où se lit ton nom

conviction

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Rien n'aura plus lieu ici l'impossible attente sera vaine face au sommeil et aux rumeurs du ciel rien ne viendra déranger la succession des ombres dans les allées le caillou dans la chaussure libèrera peut-être une pluie de soupirs longtemps contenue Alors quel est cet envol soudain cette échappée de la pesanteur... leurre dicté par un vol d'étourneaux dans le miroir de l'absence septembre 2022  

rare

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Je me suis habituée à ton absence (je m'époumone à le croire) je me suis rangée sans sourciller sur les périphériques de la veille (le lit est désespérément froid) le temps a parfois la consistance d'une fade torpeur avant de virer en agitation hagarde (j'ai installé un silence entre toi et moi) le temps t'a rendu rare et cher il ne m'a rien expliqué m'a laissée sur un bout de dune à regarder couler dans mes veines un faux désir de vivre  

paroles d'eau

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Dans la bouche des heures longues l'eau parle paroles anciennes ranimées d'outre temps Sur la fresque brumeuse s'anime un désir d'odyssée des sirènes à imaginer entre deux vagues murmurées des routes comme des déserts embaumées d'azur et or Dans la bouche des heures longues l'eau se tait ferme les lèvres dès lors que tu n'es plus

même le chagrin

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Le message se brouille s'efface un peu plus  après chaque vague on finit par parler sans larmes avec certains jours un grain  dans la voix que l'on ne perçoit même plus Mais il y a les yeux dans le coin du miroir la mélancolie des yeux qui écrit ce qui ne peut s'oublier C'est peut-être ça qu'on cherche à travers la vie, rien que ça, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir. Louis-Ferdinand Céline- Voyage au bout de la nuit

empreinte

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Sur la mémoire  l'étang opère sa fermentation travaille et malmène nul besoin de nuit pour libérer le temps L'empreinte de l'eau  sur la terre aspire intensément  les pages, les vide de leur histoire ne reste que l'ombre de son cri muet et brûlant vivante   

non sens

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vingt-sept juin que dire de l'absent ? la grisaille saisissant le regard  le silence de l’œil en retour  l'épaisseur qui sonde l'air la forêt chagrine continue à dégorger ses larmes rien ne fait date tout est non sens  

dernier voyage

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(à M, à ses frayeurs, à ma peine) La place s'installait sous mes yeux dans la chaleur des cris des colporteurs et des charmeurs de serpents. Tu l'ignorais. Son haleine et son agitation te faisaient terriblement peur. Je suis descendue seule pour observer cela. Plus qu'une rumeur c'était une âme que j'entendais d'autant plus fortement que tu la rejetais comme tu me rejetais, t'agrippant désespérément à moi. Pourtant ce n'était pas vraiment moi debout, au milieu des paniers empilés  de leurs odeurs chargées d'épices. Non, celle qui était là, je ne la connais plus elle m'a quittée quand tu t'es tu.