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Affichage des articles associés au libellé souvenir

luxuriance (juste pour le mot)

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douces pulpes crues de l'éclatante verdeur l'œil s'ébouriffe  La visite aux amis s'accompagnait de promenades. J'aime l'idée de retrouver des lieux déjà parcourus ; j'aime ce qui les renouvelle et qui tient dans une couleur de ciel ou l'humeur du temps. Comme quand on ouvre une porte maintes fois franchie sans bien savoir ce qui nous attend le seuil passé. franche la couleur regard et pensée croisés simple appareil

berge nocturne

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Souffle à peine souffle emprunté à la nuit à venir pas nés du bruissement d'invisibles oiseaux  paroles murmurées par l'eau en cercles discrets Nous suivions le chemin qui longe la berge sans hâter le pas. Petite évasion facile et habituelle sans attentes ni désirs. Une promenade, un chemin volontiers emprunté avant, maintenant presque oublié. Un pont, raccourci vers un monde volontairement effacé, encore difficile à accepter. Il suffit de si peu pour basculer : une canne, un geste, une silhouette sombre et muette dans l'air ouvert du soir.     L'eau hors d'âge brillait d'éclats humides et frais dans ces petites larmes pleurait l'absence au soleil couchant Tranquille  il était là  inconnu silhouette à défroisser le souvenir à lisser l'esprit avant la nuit  

une main sur la rampe

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je cherche la trace l'éphémère du passage si fragile qu'un souffle la fait disparaître je note la trace pour ne pas oublier ce mot ou ce geste au vent emportés phrases que je me souviens avoir notées rencontres telles des rêves décolorés ici que signifient ces signes maintenant le souvenir fait-il faute je cherche la trace de ce qui se refuse à l'oubli et à la perte tracé dans un ciel d'été des morceaux de vie  de vraies pensées rien de triste ou funèbre une main sur la rampe

timides rayons

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lever tardif sous sa couette brumeuse le soleil muse Parfois j'aime l'optimiste qui tourne son regard vers le soleil levant, prêt à toutes les nouveautés, ouvert à toutes les découverte, parfois je préfère le contemplatif absorbé par l'astre qui retient le jour et prend le temps du souvenir. jouer la montre l'éphéméride intime compte ses morts

fragments

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de l'éclat pâle s'échappe le souvenir des chaudes odeurs mêlées l'humeur de la terre colmate les cicatrices la couleur rouille dévore les bricoles échappées au temps fausses perspectives en sursis  

soir

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Prendre le risque de la montée pour le plaisir de sentir l'effort et savoir le ciel en récompense Temps de l'essor le soir venu au versant figé pierre à pierre chuchote une eau fraîche sobre ivresse d'un désir  

ruelles

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Le jour déplie ses lueurs curieuses le long des ruelles. Les fenêtres muettes ignorent  ce qui s'y murmure. Le chant d'un oiseau deux ou trois paroles perdues   échappent à l'ennui. On pourrait croire que rien ne vieillit ici pourtant chaque pierre porte les rides des enfants qu'elle a couvés.    

sous tension

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Prendre congé  dans le calme bleu de l'espace infini du ciel et grimper la fière proue de ses envies laisse de beaux souvenirs même s'ils ne sont qu'imaginaires J'aurais bien aimé prendre de la hauteur et, malgré le risque de vertige, rejoindre les ouvriers tout en haut du  pont transbordeu r  

pour vider le soir

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Deux mains jointes pour recueillir l'eau du printemps fleurs en appel deux yeux aux confins de l'horizon coeur gros de ses nuages bouche lèvres avides de vive chaleur front brûlant des fièvres intérieures le corps entier cède sous les tensions répétées gère l'état de crise et soudain  se défont les grains des années et commencent à se vider les friches de l'attente au son transparent de la cloche descendant au coeur du couchant

Entre les piliers

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Tenu aux piliers de la vie le monde vacille les yeux fermés quand soudain un parfum  ou peut-être une lumière se joue de l'âme... C'est une silhouette croisée  qui surprend le souvenir au-delà de l'obscur C'est un bruit de pas sur la pierre qui répond à l'indéchiffrable marche dans le dos de la mémoire (Pliers de Ste Eutrope, Saintes)

une saison à l'ombre du pommier

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Je passe rarement autant de temps dans le jardin au printemps. Drôle d'année, ma dernière à l'école. Quelle fin de carrière ! Sous le pommier, j'écoute la circulation qui s'intensifie chaque jour un peu plus et me reviennent des souvenirs que datent de ... plus de cinquante ans ! Ce printemps-là nous étions aussi dans le jardin, il y avait ma mère, prof (aussi) et ma tante. C'était l'année de son bac, le lycée était fermé, elle était venue se réfugier chez sa sœur. Il faisait beau et chaud. Mes souvenirs sont sensations, éclats de lumière et un grand bonheur paisible. Je revois ma mère lisant à l'ombre d'un arbre comme moi aujourd’hui.  Le bruit des barricades était loin de nous perdus dans un petit village des Basses Pyrénées. Mon père devait travailler (il faudra que je lui demande), les forêts sont rarement lieu de contestation. Le vert tendre est propice à la méditation.  L'ombre des jeunes rameaux est un plaisir retrouvé chaque année, les anémo...

Le 15 suit le 14

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Un éclat sous la paupière lente et régulière pulsion du sang une déchirure à l'ombre des cils. Il faut passer par la coupure sombre de l'oubli qu'enfin la mémoire se fasse légère que le temps change de géométrie  dans la tête. Au versant salé de l'absence meurt l'océan en douce noyade marque de ce qui fut vécu en douleur et en vide. Sans moi le 14... Chaumont sur Loire

l'image demeure

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Je n'étais pas allée beaucoup plus loin dans le labyrinthe des émotions que la fourche du chemin qui menait à ta rencontre. Quelques pas vers toi sur cette terre et dans le gris d'une simple journée sans miracle pour tarir l'oubli ou mes larmes. Je me suis assise les yeux ouverts face aux noirs oiseaux effarouchés, ton nom flottait dans les branches lumineux. Ces lignes, piste de lumière ne sont que le souvenir incertain et beau que j'écris un instant habitée par ton chant lointain. Labyrinthe Miro Fondation Maeght  2019

pigeonnée

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J'éprouvais à tâtons la sensation  de la pierre sous la main de l'herbe sous les pas comme s'il subsistait au-delà du temps des restes de présence, de ta présence. Tu aurais pu venir ici avec moi nous aurions pu faire face aux pierres sentir le sol qui brusquement chavire... A cet endroit de la mémoire né d'un éclat je suis incapable de saisir le sens de ces mots comme si nous n'avions jamais été séparé comme si je ne t'avais jamais  pleuré.

marine

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Qu'y a-t-il dans cette immensité qui me submerge tant que j'en reste pétrifiée ? La blancheur du soleil le courant interrogateur une tentation une voix sous la mer entre souvenirs et rêves à tâtons

voyage, voyage

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Que garde-t-on des lieux visités, des êtres subrepticement croisés, des mots perçus au gré de nos incursions en terres vagabondes ? La nouveauté d'une lumière, l'éclair d'un regard, le détail intrigant dans le paysage, la musique du lieu qu'elle soit paisible ou dérangeante, le brusque "coup au cœur" rappel d'un déjà vu ou vécu. Nul ne sait ce qui restera du voyage en train ou en bus, la rencontre est une lumière qui invite l’œil. Un beau paysage, un coucher de soleil flattent le regard, l'esprit lui ne gardera que le moment qui a atteint nos perceptions les plus profondes. ["Il faut la mémoire de beaucoup d'instants pour faire un souvenir complet." Gaston Bachelard L'Intuition de l'instant] (Fuenterrabía, 4/1/18)

inachevé 1

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On suit des pistes ballasts vestiges d'anciennes voies désaffectées entrecroisements de tiges de fer qui s'étirent vers l'horizon. Chemin faisant s'invite le souvenir s'imagine l'avenir.

Postface à l’attention du courlis

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J’aimais sortir au jardin dès les premiers rayons, profiter, dans la fraîcheur,  de la pleine odeur de l’océan. Je faisais le tour de la maison à pas lents prenant soin de ne pas déranger le silence matinal. C'était l’heure où la nuit retenant son souffle autorise quelques ombres à quitter la treille pour se faufiler dans la haie. Tout dormait encore derrière les volets clos, au loin deux ou trois silhouettes sur le pont. Je me suis toujours levée la première jalouse de ce moment que je ne partageais avec personne depuis que mon grand-père était parti... Tout mon amour est resté blotti dans les traînées brumeuses,  des berges du Courant  Je n'attends rien de la chaleur  du jour à venir.

tout fait déjà nuit

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Les yeux posés sur le ciel rien ne bouge sauf les nuages on est là et ailleurs à écouter battre son cœur à chercher l'oiseau et la feuille qui volent. On a envie que ça dure que jamais le soleil ne se couche que rien non jamais ne bouge. Mais soudain il y a ce chant qui jaillit de la terre et les mains qui se disputent chaque racine chaque soupir sous les paupières. J'écoute ce chant qui est tien et tout change est-il trop tard pour la lumière ? Tout fait déjà nuit.

goutte à goutte

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Il pleut sur la lande une odeur d'enfance,  un vide inconsolé, il pleut sur mon passé gouttes de mélancolie sur les jours perdus.