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paysage

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Quand la fatigue surgit  dans la lumière juste se croise au bout du chemin des restes de vie  comme de stupéfiants rappels qui résonnent dans le vide envahis par la végétation et l'oubli des hommes
Dans le calme conquis au milieu de rien il faut les traverser avec douceur libéré de ce qui reste et de ce qui passe

Jeux d'enfance

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Ce soir j'ai regardé ses jeux solitaires sur la plage en contrepoint de la tombée du jour Tout était comme avant l'été et ses jours qui n'en finissaient pas mais le temps a laissé sur les vagues la marque de sa nostalgie je ne peux m'éloigner sans craindre que tout disparaisse rien n'a changé et tout est différent le chant du sable doux sous le pied le cri des mouettes le soir les châteaux de sable et la rumeur obsédante Tant de temps passé tant de traces laissées délaissées tout est pareil assurément

matin de brume

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Certains matins appellent à partir dès l'aube  dans des paysages sans nom
Les yeux remuent les pans laiteux cédant à la blancheur  dans ce monde d'ombres En écoutant leur appel
avec quelle force surgissent à l'esprit de vague en vague ces tourments qui peuplent l'inconscient






pénombre

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(pour M, huit ans, tout est encore là)
C'est du coeur de la pénombre  que surgit la question bientôt le trouble demain bouscule hier au-delà des perspectives ou des horizons je cherche des mots sincères  pour dire la peine des mots habités par des sentiments vrais la peine peut accomplir la sagesse donner au coeur lourd cet étrange parcours  qui mène de l'inqualifiable stupeur à une voix sombre et paisible sur le chemin se perd une peu de douleur bien des choses échappent jamais la peine

Rencontres matinales

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Rien d'extraordinaire, mais l'ordinaire ne l'est-il pas si l'on prend le temps de l'observer ?
Je photographie depuis des années les mêmes lieux à la recherche de nuances, de disparitions ou d'éclosions, chaque sortie me réserve une ou plusieurs surprises : une attitude, une teinte, un chant, un œil aux aguets.  Aujourd'hui, si le chevreuil croisé n'a pas daigné ressortir de son fourré malgré ma patience, les odonates m'ont offert un joyeux ballet le long des étangs.

Pour tout savoir et reconnaître les odonates https://www.anvl.fr/petit-monde-libellules/ Je repartage une photo d'un cœur copulatoire d'Agrion prise le 21 juin lors de la sortie kayak sur le canal de Lacanau au Bassin

Le jour d'après

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Le matin fut le mêmemême fenêtre, même lumière.
L'odeur du café diffusa le même bien être.
Aucune variations dans le ronronnement du chat ni aucune dissonances dans les branches.
Le pain brûla comme tous les matins sur le grille pain en mode non-automatique.
Pas de déviation, de bouchon, de carton, de pertes de contrôle pendant le trajet.
A l'arrivée, l'océan roulait consciencieusement ses vagues.
Je concède au ciel un bleu légèrement  plus joyeux qu'à l'accoutumée. 
Le jour d'après n'a différé en rien  du jour d'avant.
Pourtant il y eut  ce titillement sous la paupière, une béance inaccoutumée des sens, et cette saveur discrète dans la bouche qui pourrait bien être le goût de la liberté.




sous les ponts

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deux arches couchées entre les rives trompent l'ennui



un pont se pose entre de sombres futaies ce lent passage

 deux petites portes l'aventure nivelée sur l'eau du canal



A la St Thomas on y croit !

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Tourner la page et se faire la malle décamper  avec ses cliques et ses claques prendre le large mettre les voiles et se barrer se carapater  sans se casser la patte en jouant la fille de l'air se bouger sans pour autant battre en retraite s'éclipser sur la pointe des pieds la porte passée prendre ses jambes à son cou
A la St Thomas tirer sa révérence la dernière page arrachée y croire enfin  et aller se faire voir ailleurs

C'est le cri de la mouette qui t'emporte dans les embruns

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Le charme du chemin joue de ses parties cachées Imaginer franchir la barrière c'est ouvrir l'horizon au cri de la mer changer le cap hisser la grand voile
Qu'importe si derrière la rumeur qui monte n'est que le vent sur un champ mal fané la mer vit sous les paupières comme une exaltation nourrie dans les entrailles

par la fenêtre

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On croise du coin de l’œil ce qui semble être connu Images qui reviennent dans le champ du ciel Si rien ne s'oublie  tout se perd et surtout la vie  en perpétuel mouvement L'instant paraît fixé mais déjà le regard s'échappe Alors on écrit pour garder encore un peu la teinte de l'entame de la nuit