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aérer la carcasse

Dire
STOP
opérer dans les mots
inciser
amputer
les siens
ceux des autres
laisser entrer l'air
en bulles serrées
entre les articulations
aérer le squelette.

La respiration ne se fera jamais dans les mots
mais dans l'air qui les entoure
en lente caresse à la matière intérieure.

Bulles de bord d'eau séante

courbe

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Le crépuscule vient à ta rencontre sur le sentier prêt à s'éteindre. Dans le sous-bois la lumière accorde sa fantaisie aux mousses grasses, tu te risques dans les marges accueille quelques fragments  laissés à l'abandon. Sans presser le pas dans l'ombre naissante du soir la courbe t'accueille à mots muets...


jaune

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Etre ce quelqu'un  les pieds nus sur le chemin ce jardinier du sentier devenu herbe dans ce lieu devenu lieu du rêve.

Février, le retour du jaune

le poids dell'anello

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Pourquoi cette hémorragie de sentiments
cicatrice douloureuse de la plaie de tristesse
le soir à la  fenêtre au spectacle saisissant 
des variations du gris dans le ciel ?

Aucune théorie ne vaut quand la pluie 
pèse sur le coeur en creux à la lueur
du soir, quand la main à l'anneau
perd la mémoire de la peau.


"La cause la plus légère peut faire retomber sur le cœur le poids qu'il voudrait secouer pour toujours : ce sera un son, une vibration musicale, une soirée d'été ou de printemps, une fleur, le vent, l'océan, qui viendra tout à coup rouvrir nos blessures, et toucher la chaîne électrique dont les sombres anneaux nous enlacent."
Lord Byron -Le Pèlerinage de Childe-Harold



Che bella noeva che t'ho purtà,
O bel faccin d'amor.
Dimmi che noeva m'hai purtà
Che sei venut'a quest'ora!
E mi la noeva che t'ho purtà,
E mi non so se vi piacerà,
Son qui a domandarvi
A voi bello morettin,
Se volete maritarmi.
O maritarmi non so con chi...
Fortuna si è quella
A voi bel…

Une part cachée

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La voix des arbres portée par les rafales cogne aux carreaux blancs je l'entends d'ici. C'est un gémissement vivant et sensuel un cri à vider la nuit qui me saisit.
Je me penche visage tendu  battement du coeur en chute libre pour écouter cette voix qui parle  plus fort que le vent dans le platane.
Derrière les vitres, quelqu'un à sa table doit être en train d'évoquer cette voix l'appelant à soi.

février 2020

échafaudage

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[...]citer, c'est poursuivre une conversation avec le passé afin de la resituer dans le contexte du présent [...] citer, c'est faire usage de la bibliothèque de Babel ;
[...] citer, c'est réfléchir à ce qui a été dit avant nous et que, faute de le faire, nous parlons dans le vide, là où nulle voix humaine ne peut articuler un son.
Alberto Manguel, La bibliothèque de Robinson


Je te ferai la lecture
Je porterai un livre.
Assis sur le sol, tu seras obligé de m'écouter.
J'éviterai ton regard pour ne pas être troublée
et me sortirai d'affaire avec des mots simples sortis du coeur...


La lecture est une conversation. Avec un livre, un auteur, soi. Lire, c'est demander une présence. Lire, c'est découvrir, c'est aussi relire, au gré de ses désirs. C'est dialoguer avec le passé. C'est apprendre à penser, à repousser les limites, les nôtres, et même celles du livre que l'on lit (...).
Lire, c'est apprendre sur soi, c'est appréhender le monde. C'…

Sans regrets

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Chaque jour a ses oublis
son soir qui clôt l'abandon
repli de soi.
Sur la page deux ou trois mots
pour marquer le chemin
et un nom que je note.

Des années auprès des êtres aimés
ne restent qu'un visage, une date, un geste...
Là, mûrit le regret et la révolte,
tour à tour tyranniques et rassurants.

[Mille regrets de vous abandonner et d'eslonger,
et d'eslonger votre fache amoureuse
votre fache amoureuse.
J'ai si grand deuil et peine douloureuse.
Qu'on me verra bref mes jours définer,
bref mes jours définer
bref mes jours définer.

Mille regretz - Josquin des Prés (1440-1521)]