le temps s'étire...
il gagne en douceur
vide ses pieux
pointes piquantes
du chagrin des pierres
bouscule le territoire du vif
reviennent
la caresse d'un rayon de soleil
entre la nuque et l'épaule
le chant d'un passereau
caché dans la haie
deux ou trois odeurs d'herbe coupée
et de baies sauvages
le souffle tiède de la brise d'automne
le temps prend son temps
patient lichen
tapi dans l'ombre
il puise dans l'intime certitude
de l'abandon
manteau végétal
sur mes épaules de pierre
au bord du paysage
d'immenses champs de bruyère
en nappes mauves
semées dans la pénombre des pins
la rectitude des troncs
et son image agrippée
derrière la fenêtre
le temps s'étire
éprouve à tâtons la sensation du vide

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