une nuit à Marrakech
Il ne fait pas encore nuit noire
j'entends pourtant le cri de la hulotte
et de je ne sais de quels éclats trouant
l'obscurité jaillit une sensation de vécu
nous avions oublié s'il y avait eu querelle
réfugiés dans la douceur du sommeil
un soir de février par-delà la mer
nous dominions le corps, les miroirs
une solitude à deux et le silence de
nos haleines mêlées te rassuraient
tu t'accrochais à mes ailes
éperdument
j’en oubliais même l'idée de voler
nous dominions le corps, les miroirs
une solitude à deux et le silence de
nos haleines mêlées te rassuraient
tu t'accrochais à mes ailes
éperdument
j’en oubliais même l'idée de voler
certains bonheurs ou malheurs
s'attachent au reflet des choses
et des êtres disparus
ils nous traversent soudain
alors leur absence révélée
nous anéantit
et c'est cette chose même qui nous tient
même dans le délabrement

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