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Affichage des articles du octobre, 2025

le vrai du faux

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ton regard fuit et ce ne sont pas les excuses que tu lui donnes qui éviteront de te perdre ta tête penche toujours du même côté dans l'arc du regard qui n'ose heurter curieuse habitude de chercher dans le reflet de ta vie le pouvoir d'être ce que tu voudrais sans oser te l'avouer

morceaux de toi

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  un morceau de toi s'est échoué dans un coin de ma tête et je ne sais qui  de lui ou de moi est le plus cassé on tente d'éviter les échardes les tessons et autres débris de la vie on essaie   on essaie mais ils se planquent ils trouvent où rester tapis  entre deux cafards en y réfléchissant bien je crois que plusieurs morceaux de toi squattent ici ou là je les imagine menant leur vie dans des lieux secrets en moi je les sens de temps en temps côté gorge côté coeur  et celui de la tête en circonvolution de notre histoire 

de passage

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levée du regard l'hospitalité du matin entre deux cafés le ciel n'est pas assez grand pour loger tous nos désirs  

fin de saison (encore)

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Les derniers beaux jours ont une langueur que l'été  ne peut soupçonner jusqu'aux feuilles du pommier qui s'attardent évitent de jaunir et semblent peu décidées à se laisser mourir Tout autour de moi te raconte tout me dit que je t'ai si peu regardée qui mieux que l'absence creuse le fossé de la réalité De petits papillons s'obstinent à butiner les fleurs fanées des géraniums tandis que le fuchsia rougeoie entre fraîcheur des nuits et ardeur des rayons rasants tout tend à étirer le temps chaque heure se veut plus longue  que la précédente en oubli de la perte de jour Ma mélancolie te raconte elle dit mes bras autour de nos yeux la réalité de l'absence s'écrit dans mon regard qui ne cesse de chercher le tien

plus vrai que nature

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Des bambous soudain  plus gris que verts sous la pluie deux ou trois branches mortes  égarées sous le pommier des graines pour la saison à venir - combien germeront ? - Un désir vague de se recentrer sur les ombres du matin ou du soir sur la peau lisse d'un souvenir la tentation d'être la bure de ses propres fantômes à se souvenir - combien résisteront ? - deux ou trois vers à la va-vite en échange de quelques battements d'ailes  plus vrais que nature ne changeront ni la route ni le sens des nuages et pourtant... où perdre ses rêves

l'automne ne sera jamais ma saison préférée

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L'automne embrume l'horizon mélancolie programmée en sève descendante  et me surprend encore cet imperceptible glissement  entre parenthèses cette entrave au corps et à l'esprit le long hiver de la pensée s'installe Au jardin les anémones du Japon se déchaînent pied de nez aux feuilles volantes et je pense à toi qui comptes les automnes toi qui te veux si loin si inaccessible  n'oublie pas de puiser dans cette mélancolie toutes les palpitations du possible L'automne ne sera jamais ma saison préférée –  je n'ai pas de saison préférée,  elles sont toutes douloureuses – ce glissement vers le clos a toujours été l'endroit où je peux rester en doulce mémoire, hommage à Denis Raisin Dadre

à l'arrêt

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je t'attends mais l'oiseau me devance son vol me presse force le temps je t'ai attendu si longtemps  que je ne sais plus sur quelle montre regarder une heure où tu n'es plus comment mesurer la perte du cadran où tu t'inscrivais comment écrire l'impensable absence l'oiseau s'est posé a mis son vol à l'arrêt peut-être est-ce  ce qu'il veut me signifier de l'attente l'arrêt tout arrêter sans se retourner