simple fleur de bas-côtés extase de la butineuses éphémère odorante belle une minute vite oubliée De chaque livre ouvert devrait tomber une fleur pour que se dévoile le raffinement si fragile et tragique qui unit les plis secs des pétales à la rigidité des mots qui les conservent
pas si loin de la coupe au lèvre et mes yeux suivent des contours qui n'en valent le détours j'y trouve demande de brumeuses absolutions et force de "peut-être" proclamé ou cité en péroraisons et adresses sans gêne en vérités proclamées l'idée détournée, mutilée faite tienne elle te ressemble et te sert tel un décor elle se dresse de qui es-tu le pâle portrait en quelle vérité te crois-tu lumière
à la mue sans fin discret chant de la forêt l'oiseau se confie colosse gisant sous l'immortel lichen l'oiseau chante nervures infinies difficile de choisir la ligne de vie tombeau silvestre le souvenir se chasse à l'ombre du défunt
à eux rien de tout ceci ne doit disparaître ni les mots pour le dire ou le taire ni l'image dans ta tête tout doit être là point de ralliement de ton être chaque éclat en mosaïque d'ordinaire 9 juillet la bête est là tapie elle te parle elle te regarde tu la tais au fond de toi 9 juillet tu la regardes te dévorer - tu sais que les bêtes féroces se dévorent entre elles - elle jouit des faux plis de ta chair et de ton esprit elle voudrait que tu te méprises sous ses crocs tu sais que tout est là rien ne doit disparaître leur image est dans ta tête la bête se dévore elle-même Il y a un âge où on ne rencontre plus la vie mais le temps. On cesse de voir la vie vivre. On voit le temps qui est en train de dévorer la vie toute crue. Pascal Quignard -Terrasse à Rome
Ce jour-là ou celui d'après ce n'était pas le froid qui interrogeait le corps ou âme je me souviens je n'oublie rien du prix des rêves de la réalité démesurée de ton corps Sur l'horizon liquide le souvenir s'est épuisé arabesque mate sur le couchant demain pas de levant je me souviens j'oublie tout de l'infini des jours de l'absence de limites de ton corps
Un geste, un battement de cil, j'aime beaucoup l'image, la texture du sable, et ces mots, "une joie grave"....
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