Ce soir l'air oscille entre fraîcheur d'un hiver agonisant et tièdes bouffées printanières de leur subtil mélange vient l'éclosion des sens le soudain réveil me reviennnent les élans des saisons fébriles la fourmillante attente figée d'une adolescence amnésique des mois définitivement effacés en une respiration des pans de vie morts d'un souffle sur la peau vois oui vois combien l'effacement de toutes traces mélange de radicalité et d'orgueil est un guide puissant
à la mue sans fin discret chant de la forêt l'oiseau se confie colosse gisant sous l'immortel lichen l'oiseau chante nervures infinies difficile de choisir la ligne de vie tombeau silvestre le souvenir se chasse à l'ombre du défunt
à J. J'aime bien les mots un peu absurdes les faux amis ou inventés ceux aux sonorités étranges dont on ne sait s'il sont complets ou s'il leur manque quelques syllabes j'ai toujours aimé en inventer et parfois je ne sais plus si Robert ou Littré leur font place j'ai gardé mon côté enfantin qui ne trouve pas à redire à parler aux murs et aux choses inventer n'est pas fabuler inventer ne s'adresse qu'à soi
Il s'est mis à pleuvoir dans ma tête sous le vent radouci du soir. de vieilles douleurs assoupies dans le souvenir. Dans la clarté nue de la lune le mur d'ombres des songes les a tues d'un rapide soupir avant que s'envole le premier oiseau de nuit
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