Ce soir l'air oscille entre fraîcheur d'un hiver agonisant et tièdes bouffées printanières de leur subtil mélange vient l'éclosion des sens le soudain réveil me reviennnent les élans des saisons fébriles la fourmillante attente figée d'une adolescence amnésique des mois définitivement effacés en une respiration des pans de vie morts d'un souffle sur la peau vois oui vois combien l'effacement de toutes traces mélange de radicalité et d'orgueil est un guide puissant
à la mue sans fin discret chant de la forêt l'oiseau se confie colosse gisant sous l'immortel lichen l'oiseau chante nervures infinies difficile de choisir la ligne de vie tombeau silvestre le souvenir se chasse à l'ombre du défunt
à J. J'aime bien les mots un peu absurdes les faux amis ou inventés ceux aux sonorités étranges dont on ne sait s'il sont complets ou s'il leur manque quelques syllabes j'ai toujours aimé en inventer et parfois je ne sais plus si Robert ou Littré leur font place j'ai gardé mon côté enfantin qui ne trouve pas à redire à parler aux murs et aux choses inventer n'est pas fabuler inventer ne s'adresse qu'à soi
le temps s'étire il gagne en douceur vide ses pieux pointes piquantes du chagrin des pierres bouscule le territoire du vif reviennent la caresse d'un rayon de soleil entre la nuque et l'épaule le chant d'un passereau caché dans la haie deux ou trois odeurs d'herbe coupée et de baies sauvages le souffle tiède de la brise d'automne le temps prend son temps patient lichen tapi dans l'ombre il puise dans l'intime certitude de l'abandon manteau végétal sur mes épaules de pierre au bord du paysage d'immenses champs de bruyère en nappes mauves semées dans la pénombre des pins la rectitude des troncs et son image agrippée derrière la fenêtr e le temps s'étire éprouve à tâtons la sensation du vide
Quelles photos ! Plein les yeux, poumons déployés.
RépondreSupprimerMagnifique.
Une vraie respiration, enfin !
SupprimerCela fait rêver, nous qui sommes si loin de la mer !!
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