A lire ou relire
les pieds dans la vague
rien de tout ceci ne doit disparaître...
à eux rien de tout ceci ne doit disparaître ni les mots pour le dire ou le taire ni l'image dans ta tête tout doit être là point de ralliement de ton être chaque éclat en mosaïque d'ordinaire 9 juillet la bête est là tapie elle te parle elle te regarde tu la tais au fond de toi 9 juillet tu la regardes te dévorer - tu sais que les bêtes féroces se dévorent entre elles - elle jouit des faux plis de ta chair et de ton esprit elle voudrait que tu te méprises sous ses crocs tu sais que tout est là rien ne doit disparaître leur image est dans ta tête la bête se dévore elle-même Il y a un âge où on ne rencontre plus la vie mais le temps. On cesse de voir la vie vivre. On voit le temps qui est en train de dévorer la vie toute crue. Pascal Quignard -Terrasse à Rome
sur les lèvres
pas si loin de la coupe au lèvre et mes yeux suivent des contours qui n'en valent le détours j'y trouve demande de brumeuses absolutions et force de "peut-être" proclamé ou cité en péroraisons et adresses sans gêne en vérités proclamées l'idée détournée, mutilée faite tienne elle te ressemble et te sert tel un décor elle se dresse de qui es-tu le pâle portrait en quelle vérité te crois-tu lumière

” À l’époque de la floraison, les deux nuances du jaune – subtilement différentes, mais toutes deux incurablement appariées à la tristesse – du genêt safrané et de l’ajonc couleur de guêpe : le premier, de teinte plus soufrée, plus neuve, mieux accordée à la gamme acide du printemps, le second plus mûr, à la fois concentré et amorti comme un vin vieux, qui brasille sur les buissons d’un vert noir comme un feu de broussailles sur les épines sèches.”
RépondreSupprimerJulien Gracq "Les eaux étroites"
Merci.
Supprimer